Thierry Leroy
Marc Naimark: Thierry, vous venez de remporter la première place chez les –75 kg à la finale IFBB à Toulouse. On voudrait savoir un peu plus sur vous. 
Thierry Leroy: J'ai 27 ans, je vis à Savigny-sur-Orge en région parisienne depuis ma naissance. Depuis 1989, je m'entraîne à l'ESV de Viry Châtillon sous la direction de Georges GRANDJEAN. 
MN: Vous êtes l'un des athlètes que l'on voit progresser chaque année, et ceci depuis déjà un certain temps.
TL: Je fais de la compétition depuis 1995 sans interruption, mais je m'entraînais déjà bien avant. J'ai commencé à l'âge de 13 ans, après avoir vu un numéro du "Monde du Muscle" chez un marchand de journaux. En voyant ces photos de champions comme Arnold, je savais tout de suite que c'était ce que je voulais faire.
MN: Pour pratiquer le culturisme, faut-il faire de la compétition?
TL: Je vois autour de moi beaucoup de gens qui pratiquent ce sport sans envisager la compétition, mais pour moi le deux sont inséparables. Je trouve une grande satisfaction à faire du culturisme de compétition, et avoir ces objectifs chaque année me motive énormément. Actuellement je suis le seul de ma salle à en faire, mais je sais que j'ai le soutien de mes camarades, à commencer par celui de Georges GRANDJEAN, qui m'a apporté beaucoup d'aide pour me préparer.
MN: Dès vos débuts en compétition vous avez marqué les esprits.
TL: C'est vrai que j'ai eu de bons résultats dès ma première compétition, ce qui m'a encouragé. J'ai remporté ma catégorie des –80 kg au premier pas à l'Haÿ-les-Roses en novembre 1995, et l'année d'après les toutes catégories à Linas lors du championnat d'Ile-de-France à Linas. Toujours à Linas, j'ai remporté l'année dernière ma catégorie au championnat de Paris, ainsi qu'à la demi-finale organisée par mon club à Viry Châtillon.
MN: Votre entourage vous soutient dans votre pratique sportive?
TL: Oui, à commencer par ma compagne, Véronique. Elle a déjà pratiqué la musculation, et elle comprend bien les exigences de ce sport. Je travaille au chargement des avions à Orly, et mes horaires de travail ne facilitent pas la pratique d'un sport, car je commence ma journée à 4h du matin. J'essaie de faire une petite sieste l'après-midi avant de m'entraîner, mais ce n'est pas toujours possible. En revanche, mon employeur est assez compréhensif, et fait preuve d'une certaine souplesse, par exemple en période de compétition.
MN: Cet emploi du temps ne laisse pas beaucoup de temps pour l'entraînement.
TL: Non, mais j'en fais une qualité: je m'entraîne 1h30, cinq jours par semaine. C'est donc un entraînement intensif. Lorsque je m'entraîne, je ne perds pas de temps, je ne pense qu'à ça, je ne bavarde pas. Les gens de la salle respectent cette attitude. D'ailleurs, ce qui est sans doute encore plus important que l'entraînement, c'est le régime… du moins, c'est le plus dur à respecter!
MN: Justement, c'est le régime qui a fait la différence cette année lors de la finale. 
Comment avez-vous réussi à descendre de catégorie?TL: D'abord en le voulant. Je me rendais compte que chez les –80 kg où je concurrais depuis mes débuts je n'avais pas tout à fait le volume nécessaire. C'est pour cette raison que j'ai décidé de tenter ma chance en –75 kg. Je n'ai jamais fait un régime aussi dur.
MN: C'est donc de justesse que vous avez passé sous le seuil fatidique.
TL: En fait, non. J'étais chez les –80 kg encore à Luzarches pour la Coupe de Paris, mais à la pesée le vendredi soir à Toulouse quelques semaines plus tard, je faisais 74,100 kg. Le soir j'ai bien mangé pour effectuer un bon rebond, et je pense que c'est la densité musculaire qui en est résultée qui a fait la différence lors du préjudging samedi.
MN: Vous sentiez déjà que vous alliez gagner?
TL: Pas du tout. D'après les comparaisons on voyait bien que l'ensemble des juges me classait bien. Mais ma victoire n'était une évidence absolue pour personne. Je pense que le système de jugement a bien joué, car il a permis une vision d'ensemble sur tous les juges.
MN: Qui vous a été favorable cette fois-ci.
TL: Oui, j'ai eu de la chance, mais j'ai bien travaillé pour! 
MN: Bien entendu! Et comment votre entourage a-t-il réagi à cette victoire?
TL: Tout le monde était content, à commencer par moi! Mes collègues qui suivent mon parcours sportif ont été contents, ma famille a été ravie. Si j'ai bien travaillé pour cette victoire, je ne dois pas oublier de remercier ceux qui m'ont soutenu, et notamment ma famille, et surtout Véronique, et les gens de ma salle, et surtout Georges GRANDJEAN et Thierry, mon parténaire d'entrainement.
MN: Et la suite?
TL: Je voudrais faire de la compétition internationale. Je pense aux sélections Europe à la rentrée. Mais ce n'est pas fini pour la compétition en France! Je vais revenir d'ici deux ou trois ans, mais de nouveau en –80 kg. Ce n'est pas que je fais du poids un critère absolu: j'étais par exemple ravi de la victoire de Frédéric DAJON en toute catégorie à Toulouse. Il a bien fait la preuve qu'un athlète des "petites" catégories puisse rivaliser avec les gros. Mais j'ai commencé la compétition en –80 kg et je voudrais y retourner pour retenter ma chance.
MN: C'est toujours une catégorie très difficile. Frédéric LATHUILLE en 1999, Frédéric SAUVAGE cette année, il faut vraiment réunir tous les atouts pour y faire face.
TL: C'est pour cela que je vais prendre mon temps pour y revenir. Je sais que c'est l'une des catégories les plus difficiles. Je suis sûr d'y arriver.
MN: Vous avez des recettes miracle?
TL: Hélas, non. Je ne crois pas trop aux miracles. En revanche, je pense que pour réussir dans ce sport, il faut surtout une grande discipline: rester concentré lors des entraînements, ne pas craquer dans son régime alimentaire. Arriver à faire cela, c'est déjà un peu un miracle!
MN: Merci, Thierry, et nous attendons avec impatience de vous revoir sur scène en compétition internationale et bientôt de nouveau en finale.
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